Avancées médicales

A L’HEURE OÙ LE « BURNOUT » FAIT L’OBJET D’UN DEBAT SUR LA RECONNAISSANCE DE LA MALADIE PROFESSIONNELLE, IL EST FONDAMENTAL DE RAPPELER QUE LE SYNDROME D’EPUISEMENT PROFESSIONNEL EST AVANT TOUT UNE MALADIE.

Encore absente de la recherche médicale en France, les méfaits du stress sont étudiés dans de nombreux pays. Nous ne pouvions pas donc faire l’impasse sur ce premier bilan des connaissances puisque l’épuisement professionnel est un stade ultime du stress.

Pour aller plus loin, nous vous recommandons nos pages ESPOIR DE DEPISTAGE et AUTO-EVALUATION.

Sachez également que l’AFBO vient d’envoyer une proposition à Madame la Ministre de la Santé, Marisol TOURAINE, un programme de recherche médicale relatif à la prévention et au dépistage.

Si vous voulez réagir ou participer : contact@afbo.fr.


La base des recherches : Cortisol et Stress

  • lorsqu’un être humain est face au danger, il secrète l’une des principales hormones du stress, le cortisol ; une fois le danger passé, le taux de cortisol revient à la normal,
  • le stress n’est donc pas dangereux en soi, c’est un mécanisme de défense naturel sans lequel nous ne pourrions pas survivre,
  • cette réaction est normale, on parle dès les années 1990 d’allostasie ou de « réaction allostatique » (processus ramenant un système à l’équilibre).


Canada : Première recherches sur le stress

C’est le médecin, endocrinologue et chercheur canadien Hans Selye qui, dès les années 30, s’intéresse au stress et propose une première définition, controversée : une contrainte non-spécifique sur le corps causée par des irrégularités dans son fonctionnement normal (« the non-specific response of the body to any demand of charge »-Université de Montréal-1936).

Selon ses premières recherches, le caractère non-spécifique s’explique par le fait que n’importe quelle maladie peut causer cette contrainte.

Si l’on met de côté cette controverse, ses recherches démontrent que le stress provoque une sécrétion d’hormones impactant le système endocrinien, ce bouleversement se déroulant en 3 phases : alarme, réaction, épuisement. Il parle de Syndrome général d’adaptation, communément appelé « stress ».

Il observe également que le changement brutal survenant dans les habitudes d’une personne, jusque là bien équilibrée, est susceptible de provoquer des perturbations physiques et psychiques.

Remarque :
Il est à noter que ces 3 phases sont proches de celles ressenties par les personnes touchées par le syndrome d’épuisement professionnel.

 

Etats-Unis : « Allostasie »

Dès les années 1990, le chercheur en neuro-endocrinologie américain Bruce Mc Ewen (1) démontre les risques d’un « poids allostatique élevé », entre autres, diabète, hypertension, troubles cardio-vasculaires, dépression.

A la même époque, Teresa Seeman (2), professeure en médecine, épidémiologiste et neuro-endocrinologue américaine, confirme les risques liés aux divers niveaux de charges allostatiques et établit les liens entre ces différents poids et les facteurs sociaux.


Canada : espoir de dépistage

Depuis les années 1990, les chercheurs du Centre d’études sur le stress humain (CESH) (3) travaillent sur le cortisol et ont fait depuis des découvertes intéressantes sur cette hormone.

Les travaux portent notamment sur les effets d’une exposition prolongée au cortisol.

Le CESH a identifié 15 bio-marqueurs responsables de perturbations physiologiques associées au stress, qui forment le poids allostatique. C’est cette charge allostatique qui permet d’estimer un état / un risque de « burnout ».

Cette approche a permis de découvrir et de démontrer des différences patho-physiologiques importantes entre des personnes souffrant d’épuisement professionnel et des personnes souffrant de dépression :

  • un individu en état d’épuisement ne produit pas assez de cortisol,
  • un individu dépressif produit trop de cortisol.

Cet indice est une donnée scientifique et continue de faire l’objet de recherches fondamentale et appliquée mais les découvertes déclenchent de sérieux espoirs quant à un dépistage et un parcours de soins adapté.


Allemagne : Autres recherches sur le stress

nuage_epuisement_200En Allemagne, un salarié sur cinq est touché par des troubles psychiques causés par le travail (« burnout » ou dépression) d’après la caisse d’Assurance Maladie TK (étude 2011 sur ses 3,4 millions d’assurés).

C’est sans doute la raison pour laquelle, plusieurs centres de recherche universitaire travaillent sur la maladie, les outils diagnostics, et sur l’impact du stress sur la santé. Nous partageons ici les informations que nous estimons les plus pertinentes.


Institut Max Planck (Munich)

Cet institut de recherche psychiatrique (1) présente une démarche différente s’efforce d’étudier les causes biochimiques de maladies psychiques.

Leurs recherches, menées par le Professeur Florian Holsboer, sont également basées sur l’hormone du stress, le cortisol. Ils démontrent que l’exposition à un stress chronique présente un danger pour la santé.

Sous l’effet d’une surproduction de cortisol, le corps est en alerte car les poumons, le coeur et le cerveau ont des activités intensifiées.

L’institut travaille sur une approche scientifique pour de nouveaux modèles thérapeutiques visant à prévenir contre le stress et donc le syndrome d’épuisement professionnel.


Centre hospitalier universitaire de Göttingen 

Au service psychosomatique de ce centre hospitalier universitaire, les recherches consistent à évaluer l’impact de la santé mentale sur la santé physique.

Basés sur une approche inter-disciplinaire, les travaux, dirigés par le Professeur Herrmann-Lingen, ont établi que lorsqu’une pression psychique est constatée, le stress expose le cerveau et les vaisseaux sanguins.

Les processus psychiques agissent sur le corps humain via le système nerveux. D’autres fonctions peuvent être affectées de façon chronique telles les plaquettes, le système immunitaire.

(1) : Bruce S Mc Ewen, Ph. D., professeur en neurosciences, « Stress, Adaptation and Disease: Allostatis and Allostatic Load », 1998, Annals of New York Academy of Sciences.
(2) : Teresa Seeman, Ph. D, professeur en médecine et épidémiologie, « Protective and damaging effects of Mediators of Stress:Elaborating and Testing the concepts of Allostatics and Allostatic Load, avec Bruce S Mc Ewen, 1999, Annals of New York Academy of Sciences.
(3) : CESH : Centre d’études sur le stress humain (Montreal – Quebec), dirigé par la Professeure Sonia Lupien, Ph. D. en neuro –sciences, également directrice scientifique du Centre de Recherche Fernand – Séguin – Contributeur pour AFBO, le Professeur Pierrich Plusquellec, Ph. D. en biologie du comportement co – directeur du CESH.

 

Dernière mise à jour le 20 janvier 2015.