Burnout et lieux communs

Billet dédié à tous nos adhérents, à nos nouveaux venus, à ceux de la première heure !

Je vous avais promis un billet en forme de bilan de l’année mais j’avoue que je ne suis pas d’humeur !

Au risque de lasser peut-être ou de donner l’impression de ne pas pouvoir prendre de la hauteur, les messages qui arrivent à nous (journalistes, témoins et même de brillants experts qui siègent avec nous dans le groupe de travail de la HAS) m’incitent à revenir sur le sujet toujours très médiatisé des RPS (risques psychosociaux).

Comment combattre les amalgames et les fausses informations ?

RPS et burnout
Non, il n’y a pas d’amalgame malheureux de quiconque mais juste une triste réalité sémantique : les RPS, risques psychosociaux, regroupent les violences internes à l’entreprise (comme le harcèlement), les violences externes à l’entreprise (générées par les clients par exemple) et le « burnout » (!).

Je lis ça et là des articles sur les « pathologies psychosociales »…

Comme je l’indique depuis plus de deux ans, la prévention des RPS comprend les causes et les conséquences de ces violences professionnelles. J’ignore encore l’origine de cette confusion des genres bien opportune mais ce que je sais (de source sure !) c’est que les représentants de ce « lobby » ont eu la brillante idée de s’emparer et de médiatiser notre pathologie, comme pour mieux nous éclipser.

Prévenir le burnout ?
La prévention des RPS est une discipline complexe, exercée (j’ose l’espérer) par des cabinets qui mettent en place de véritables plans de prévention, efficaces et rapidement opérationnels. Mais qu’en sait-on ? Et que sait-on de leur efficacité en matière de « burnout », pathologie du stress chronique professionnel ? Rien !

Tout le monde en a parlé de ces fameux plans, tout le monde y croit à la prévention des RPS.

A mon poste d’observation, j’avoue que j’ai du mal. Nous recueillons aussi de nombreux témoignages de salariés issus de ces entreprises qui ont vite fait de déployer ces programmes comme pour mieux prouver qu’ils respectent l’obligation de moyens de sécurité.

Même, la CNIL s’interroge sur les méthodes et les questionnaires soumis aux salariés :

Propositions
A y regarder de plus près, il s’avère que les propositions de ces cabinets se suivent et se ressemblent, puisque toutes ou presque sont issues des mêmes questionnaires et modèles (Kasarek si ce nom vous dit quelque chose) avec des propositions qui me paraissent confondantes de naïveté ou de bon sens : améliorer le pouvoir d’action des salariés, diminuer le stress et la pression sur les travailleurs, éviter l’isolement et augmenter le soutien social ou condamner les fenêtres du premier étage (je vous laisse deviner pourquoi…).

Jean-Claude D (devais-je presque dire Jean-Claude Poncif), en représentant de ce « lobby », en s’emparant de la question du « burnout », n’a souhaité qu’une chose : généraliser la prévention à toutes les entreprises et pour mieux vendre leurs études…

La première proposition de Loi sur la reconnaissance du burnout comme maladie professionnelle, qu’il a contribué à élaborer et qu’il a présenté en juin 2014, laisse sans voix : il n’est jamais question des personnes touchées ni des médecins, juste de la prévention des RPS ! Indécent !

Définir la pathologie
Je ne peux pas écrire « maladie » juste syndrome car le « burnout » ne fait partie d’aucune nomenclature officielle des maladies. Nous avons d’ailleurs été les premiers à l’écrire en France en 2014 !

Militer pour la reconnaissance de la maladie professionnelle n’a donc aucun sens pour nous car totalement irréalisable. A moins que les représentants de la prévention des RPS, par un tour de passe-passe, ne fasse cette fois un autre amalgame, encore plus dangereux, entre le « burnout » et d’autres maladies officielles, histoire de rendre plausible leurs thèses…

Nous restons donc vigilants et militons pour la reconnaissance de la maladie-burnout, pour le diagnostic médical précoce qui éviterait à nos protégés de se retrouver sous camisole chimique prescrite par un médecin souhaitant bien faire ou ne connaissant pas la symptomatologie.

Le « burnout » n’est pas un vague risque c’est une pathologie déclarée, réelle et tout à fait évitable !

Si vous êtes du côté des malades, si vous souhaitez soutenir nos actions, idéalement sur la plateforme de notre partenaire Hello Asso.

Un grand merci à vous tous !

Auteur : Léa Riposa
Publié le 5 février 2017.