Contexte médical

Le syndrome d’épuisement professionnel n’est donc pas officiellement une maladie et il n’existe pas de consensus autour du diagnostic. On parle donc de syndrome, c’est – à – dire d‘un groupe de symptômes qui peuvent être communs à maladies différentes.

Alors comment diagnostiquer une maladie non répertoriée et quel traitement prescrire ? Comment faire la différence entre une crise du milieu de vie, une fatigue passagère, un syndrome d’épuisement professionnel, une dépression ?

Les questionnaires utilisés pour des démarches de diagnostic du « burnout » laissent entrevoir des limites : conçus à des fins de recherche et non de diagnostic, résultats limités par la perception que le salarié a de son travail, laquelle dépend de son profil (est il impliqué, engagé, sur – engagé ?).

Cette errance médicale, la médiatisation croissante, la banalisation du terme ont déjà donné lieu aux récupérations les plus
diverses : interprétations statistiques, pseudo – spécialistes (coachs en mal de clientèle, centre de thalassothérapie, psychologues spécialisés, produit dérivés « anti »).

Sachez qu’il n’existe pas de spécialité « burnout » en psychiatrie mais que le syndrome d’épuisement professionnel, bien que non classifié, est une maladie professionnelle, bien réelle pour les personnes touchées.

C’est dans leur intérêt, et pour décourager les dérives que nous souhaitons qu’un éclairage scientifique soit apporté au débat sur le syndrome d’épuisement professionnel en France.

Afin d’engager un dialogue avec nos chercheurs et avec les pouvoirs publiques, nous vous livrons ici un premier bilan de nos connaissances relatives à la recherche médicale sur le syndrome d’épuisement professionnel.