L’ombre du doute

AFBO-SadnessEn terme de souffrance au travail, il me semble qu’il existe un paradoxe français : la France est le pays où la thématique est la plus médiatisée et pourtant la souffrance au travail serait la plus présente et les entreprises les moins informées (1).

Il en va de même pour le « burnout », maladie réactionnelle causée par une exposition à un stress professionnel prolongé. Pour notre communauté, la chose parait évidente mais force est de constater que la chose ne va pas de soi puisque le doute subsiste encore dans de nombreux esprits.

J’ai acquis la conviction que tant que la maladie « burnout » ne sera pas reconnue comme telle, c’est-à-dire par la médecine, les malades ne seront pas pris au sérieux et les pseudos experts s’en donneront à cœur joie.

Dans l’attente de cette reconnaissance, j’invite à la vigilance et à la prudence face à certains coaches et psychologues qui prétendent prodiguer des traitements anti « burnout ». Ces « professionnels » nous démarchent en direct ou bien s’imposent sur internet avec des affirmations très douteuses. Petite mise au point histoire de lutter contre les idées reçues…


Le « burnout »

Le « burnout » n’est pas ni dépression à la base ni une maladie mentale. Le burnout est un processus de dégradation de l’état de santé, autant qu’un état de santé à l’instant « t », une maladie provoquée par un stress professionnel subi.


L’enthousiasme

AFBO-RaceAu cas où vous auriez un doute, l’enthousiasme et la passion d’un métier ne provoquent pas un « burnout ». Les personnes touchées par le burnout sont des professionnels très compétents dans leur domaine et qui éprouvent du plaisir à travailler, aussi étonnant que ce la puisse paraitre pour certains.

C’est la malveillance qui est au cœur de cette maladie professionnelle c’est-à-dire un non respect du contrat de travail.


Le perfectionnisme

J’ai aussi lu, « l’exigence de vous-même »… Pendant des années ces collaborateurs ont bien fait leur travail, ont fait l’objet de notations favorables et de promotions et là, de façon assez soudaine, ils deviennent perfectionnistes.

N’oublions pas que certains métiers requièrent de l’exigence justement, de la précision, mais cela a visiblement échappé aux experts.


Le bourreau de travail

AFBO-Burnout-Femme épuiséeQui en plus, ne sait pas dire non, pas de chance pour lui ! Mais de quoi parle-t-on ? Les choses sont-elles aussi simples ?
Un collaborateur se doit de respecter un contrat de travail, il est responsable d’un périmètre fonctionnel et n’est pas toujours en mesure de déléguer.

Ce fut mon cas à l’époque et j’ai du accepter certaines missions qui étaient de ma stricte responsabilité. Quand, dans d’autres circonstances j’ai dit « non », estimant qu’il y avait abus, ce fut pire que tout…

Et si on arrêtait de culpabiliser les malades ?


Le déni

Les malades ne sont pas dans le déni, ils ne savent pas à qui s’adresser ! Les premiers symptômes sont physiques et apparaissent très en amont. Au risque de me répéter, il peut y avoir « burnout » sans conflit employeur même si les cas sont plus rares.

Les symptômes ne sont pas uniquement « comportementaux » mais physiques !
D’où notre volonté de recherche médicale en vue d’un diagnostic médical précoce.


Le traitement

AFBO-Burnout-MédecinsUn traitement spécifique ou miracle n’existe pas ! Par ailleurs et comme le « burnout » est un processus, quel traitement devrait être prodigué et à quel stade ?

Le « burnout » n’est pas une maladie psychique à la base, ce sont les conséquences de l’errance diagnostique et les circonstances de la maladie qui provoquent un chagrin et une anxiété bien légitimes.

Alors que faire en cas de « burnout » ? Voici nos propositions ici, issues de notre expérience collective.

Vous souhaitez nous aider à faire avancer la cause des malades, n’hésitez pas à nous suivre sur Twitter (@AssoBurnOut), à témoigner (contact@afbo.fr) ou à nous aider par un don/une adhésion, sur ce site ou sur Hello Asso.

Merci à tous pour vos soutiens et votre fidélité.

Auteur : Léa Riposa
Publié le 22 mai 2016.

 

(1) Source : Revue La Psychologie Aujourd’hui, Les grands dossiers des Sciences Humaines / Trimestriel, N°42, Mars-Avril-Mai 2016