Burnout : les idées reçues

AFBO-experience-Je dédie ce billet à nos protégés et à vous tous qui me racontez votre histoire en toute confiance. Je rédige cet article en pensant à votre combat.

Pourquoi former une communauté de patients experts ? Un patient-expert a acquis un savoir qui complète la connaissance médicale et scientifique. Tout comme un médecin, il souhaite prévenir et aider les malades.

Je fais en sorte que ce rêve devienne réalité : diagnostic précoce, dépyschiatrisation, désintrumentalisation de nos malades, fin des idées reçues dont la liste est longue. Billet d’humeur !

Le burnout est un concept

Non, le « burnout » est une réalité, une maladie extrême du stress qui se manifeste très tôt par des symptômes très physiques et bien identifiés, qui, considérés indépendamment, peuvent être difficilement reliés à un épuisement professionnel.

Le burnout est une dépression
AFBO-Under pressureNon, le « burnout » et les maladies de l’épuisement professionnel sont des pathologies en lien avec le travail. La sphère professionnelle est à l’origine de leur maladie alors que la dépression est en lien avec des circonstances personnelles.

La dépression peut être diagnostiquée car elle fait l’objet d’une définition officielle et d’un arbre décisionnel de repérage. En revanche, un « burnout » mal soigné peut aboutir à une dépression.

La faute à l’entreprise
Le « burnout » est une maladie d’origine professionnelle qui peut également survenir sans conflit avec l’employeur. On passe d’un travail à l’autre avec bonheur sans se rendre compte que ces symptômes physiques récurrents sont annonciateurs d’un épuisement physique profond.

Dans ce cas, c’est lorsque l’effondrement survient que le conflit employeur apparait : l’arrêt maladie de longue durée nécessite que le collaborateur soit remplacé…

Par ailleurs, l’épuisement professionnel est également présent chez les non-salariés, chez les étudiants, pourquoi ne pas en parler ?

La faute aux salariés
AFBO-Témoin2Le sur-engagement est un mythe à l’origine de l’une des principales idées reçues : le « burnout » est comme la boulimie, on n’arrive pas à lâcher. Difficile de faire mieux dans la catégorie « culpabilisation ».

Non, le « burnout » touche les travailleurs qui exercent des fonctions à responsabilités (et pas seulement des cadres). Leur investissement correspond à un impératif professionnel, non à un problème psychologique.

La grande majorité de nos témoins doivent leur maladie à un cocktail « toxique » : modification brutale et durable du rythme de vie professionnelle dont surcharge de travail (1) + malveillance manifeste.

Les salariés sont dans le déni
Faux, la majorité de nos témoins ont consulté un médecin qui n’a pas été en mesure de poser un diagnostic clair, préférant administrer des substances psycho-actives pensant bien faire.

Ne demandez pas aux malades d’assumer plutôt que de culpabiliser (comme je viens de le lire dans un dossier spécial « burnout ») ! Ils ne font que ça, assumer et lutter !

Le burnout nécessite un traitement médicamenteux
AFBO-Physical stressLes médecins et chercheurs qui nous conseillent sont formels : un épuisement professionnel, même au stade du « burnout » n’est pas une dépression, il est même l’inverse d’un point de vue des constantes biologiques.

Repos, soutien psychologique par la parole, soins liés aux symptômes physiques, éloignement de la zone toxique, projets d’avenir grâce à un accord juridique qui protège à long terme constituent, telles sont nos préconisations, issues de notre expérience collective de patients-plaignants, pour se sortir d’un « burnout » ou d’un épuisement professionnel.

Je suis certaine que la solution miracle « anti-burnout » n’existe pas, car chacun de nous possède une constitution physique et psychologique, chacun a des besoins différents (psychomotivation).

En revanche, je suis certaine que la prévention médicale serait une avancée majeure, tout comme l’introduction des pathologies du stress en Faculté de médecine. Un tel enseignement éviterait que nos malades ne subissent faux diagnostics et autres interprétations de la maladie, de celles que l’on veut leur imposer plutôt que de les écouter.

Si vous voulez faite grandir notre communauté de patients-experts, si vous êtes en phase avec nos projets, n’hésitez pas à nous soutenir, à nous suivre sur Twitter (@AssoBurnOut).

Si vous voulez réagir ou témoignez, vous êtes les bienvenus : contact.
Merci à tous !

Auteur : Léa Riposa
Publié le 1er novembre 2015.
Mis à jour (page Contact) le 29 octobre 2018.

(1) : ce que j’entends pas « surcharge », c’est un accroissement de la charge de travail imposée par la hiérarchie ou par une nouvelle organisation du travail, et totalement éloignée du contrat de travail ou de la fiche de fonction d’origine ; précision utile car la « surcharge » au sens des professionnels des risques psychosociaux est la surcharge que s’impose à lui-même le travailleur qui n’arrive plus à faire face (!).