Burnout, que faire

Burnout Vos droitsDernier billet avant une petite pause (nous avons aussi droit au repos !) pour cause de déménagement.

Avant de vous retrouver dans quelques semaines, il me semble important de revenir sur les droits des personnes touchées car ne vous y trompez pas, malgré les idées reçues, le « burnout » et les autres formes de l’épuisement professionnel sont des pathologies d’origine professionnelle (1).
Avertissement
Comme pour toutes les informations présentes sur notre site internet, ce qui suit ne saurait être considéré comme des conseils, le conseil étant du ressort d’un professionnel tel qu’un avocat ou un médecin, c’est-à-dire d’une profession règlementée.

Comme les informations qui sont transmises via notre boite mail, il s’agit surtout d’un partage d’expérience. Malgré la légitimité qui est la nôtre aujourd’hui (plusieurs centaines de témoignages recueillis), ces informations ne sauraient remplacer la consultation auprès d’un professionnel de la santé ou du droit du travail.


Le « burnout »

AFBO-EffondrementLe bilan des connaissances que j’ai pu établir jusqu’à présent montre que pour de nombreux médecins dans le monde, le « burnout » est une pathologie bien réelle, très physique, mesurable et forcément liée au travail. Ces chercheurs avec qui j’ai pu échanger parlent de « occupational burnout », autrement dit : burnout professionnel.

Pourquoi le rappeler ? Parce que le « burnout » et les autres formes de l’épuisement professionnel vont impacter, non seulement la santé mais aussi la carrière des travailleurs touchés.

La maladie ne faisant pas l’objet d’un enseignement en faculté de médecine mais en école de management (!), les médecins sont peu ou pas formés.

Cette lacune n’est pas anodine : absence de diagnostic précoce, psychiatrisation facile, arrêt maladie de longue durée qui pourrait être évité, difficile reconnaissance de la maladie par les médecins du travail et des médecins des Comités de reconnaissance des maladies professionnelles.

Les droits des personnes touchées
AFBO-lawJ’ai pu bénéficier d’une seconde chance car je suis tombée malade à une époque où l’on ne parlait pas de « burnout », terme devenu banal à la faveur d’une médiatisation intensive.

J’ai co-fondé l’AFBO afin que d’autres personnes touchées puissent aussi connaitre une seconde chance et ne terminent pas leur carrière dans une impasse, car les leviers de reconnaissance existent mais sachez-le, les démarches sont longues et peuvent figer un destin pour de nombreux mois voire quelques années.

Voilà ce que je peux vous indiquer :

1.Consulter votre médecin
AFBO-Medical researchLe « burnout » est un processus de déflagration de l’état de santé aussi bien qu’un état de santé à l’instant « t », processus qui débute par des signes d’alerte très physiques.

Il est primordial de consulter votre médecin traitant afin d’écarter tout risque de maladie organique autre et dont les symptômes seraient proches des premiers signaux d’alerte du « burnout ».

Par ailleurs, en cas d’action au Conseil des prud’hommes, il est important de réunir des pièces médicales et certificats montrant que les symptômes sont consécutifs à une modification du rythme de vie professionnelle.

2. Consulter votre responsable des ressources humaines
Il est possible d’être en état de « burnout » sans conflit employeur (2). Mais par méconnaissance de la maladie, elle est difficilement repérable aux premiers symptômes.

rech_interneNéanmoins, dans la grande majorité des cas, les travailleurs touchés sont victimes d’une modification brutale et durable de leur rythme de vie professionnelle, qui impacte leur santé mais aussi leur carrière (heures de travail hors normes, pressions…).

Des dispositifs existent dans l‘entreprise existent qui permettent aux salariés d’exprimer leurs souhaits d’évolution mais aussi leurs souffrances. La chose n’est pas facile, mais il est indispensable de faire remonter l’information auprès des ressources humaines.

Si malgré ces alertes, aucun dialogue n’est possible et que la santé est susceptible d’être altérée par ces conditions de travail, il faudra envisager une voie de recours légale pour vous défendre et trouver des solutions.

3. Consulter la médecine du travail
En cas de souffrances au travail, il est indispensable de consulter le médecin du travail pour lui faire part de la dégradation de l’état de santé et bien entendu des circonstances.

Non seulement, le médecin du travail est tenu au secret professionnel mais, il a, entre autres missions, la prévention ou le diagnostic en matière de dégradation de l’état de santé pour risques professionnels. Ce professionnel de santé pourra, à ce titre, envisager un aménagement de poste.

4. Consulter un avocat spécialisé
AFBO-hammerLa médiatisation du « burnout » et le faux débat sur la reconnaissance du « burnout » comme maladie professionnelle laissent entrevoir que la démarche est automatique, hors il n’en est rien !

Les dossiers sont extrêmement complexes et chaque cas est différent, il ne suffit pas de brandir au Conseil des prud’hommes, le manquement de l’employeur à l’obligation de sécurité de résultat.

Chaque citoyen est libre de pouvoir choisir un médecin et un avocat, droit fondamental !

Sachez seulement qu’avant de choisir votre conseil, le chemin sera long et qu’il vaut mieux être accompagné par un professionnel ayant une certaine expérience de ces dossiers.

Chaque jour, je découvre avec stupéfaction de nouveaux acteurs à la légitimité douteuse qui, tout en stigmatisant les personnes touchées, proposent leurs services pour aider les malades à guérir de leurs faiblesses et de leurs blocages !

Méfiez-vous et n’oubliez pas que le « burnout », maladie professionnelle qui a pour origine des pressions externes (et non internes !),  touche des travailleurs qui auparavant n’avaient aucun antécédent médical ni psychologique, comme je continue de le constater chaque jour. 

Alors, avant de consulter un avocat spécialisé, je vous invite à relire avec attention notre page relative à vos recours .

J’espère que cette lecture aura été utile, n’hésitez donc pas à la partager ou à nous suivre sur Twitter (@AssoBurnOut).

Si vous souhaitez adhérer ou nous soutenir, vous pouvez le faire sur ce site ou en nous retrouvant sur Hello Asso (rechercher association france burnout / Ile de France). Merci à tous !

Auteur : Léa Riposa
Publié le 24 avril 2016.

(1) Au cours de mes recherches, j’ai découvert que la justice avait déjà admis que le « burnout » ne pouvait être que d’origine professionnelle, au travers d’une décision de la Cour d’Appel de Bordeaux  considérant « que l’origine professionnelle d’un burnout ne peut sérieusement être contestée compte tenu de la nature de cette pathologie », confirmant donc que la dégradation de la santé d’une salariée est la résultante de souffrances professionnelles (Cour d’Appel de Bordeaux, 10 novembre 2011 n° 10/06357).

(2) Comme je le comprends du témoignage d’une dizaine de cadres qui ont exercé des postes à responsabilités, épanouis dans leur travail, passant d’un poste à l’autre pendant des années dans le même groupe, présentant de temps à autres des symptômes très physiques sans que leurs médecins ne puissent reconnaitre ces signaux d’alerte (en l’occurrence dans ces témoignages, il s’agissait de médecins généralistes, rhumatologues, et ophtalmologues).