Burnout, quelle information ?

Aujourd’hui, autant vous le dire, ce sera un petit coup de gueule !

Il y a plusieurs mois, j’apprenais sur Twitter qu’un colloque aura lieu fin septembre 2015 à Paris sur la question qui nous concerne. Renseignements pris, j’apprends que 1/ le ton se veut festif et que 2/ les organisateurs frappent aux portes des experts pour maintenir cette manifestation et donc assurer un minimum d’entrées.

Ayant précisé les intentions de l’AFBO et mon avis sur le côté « festif », je n’ai bien entendu pas été contactée, comme je m’y attendais.

Ces jours-ci, encore une information sur énième colloque, en mars prochain. Cette fois, c’est un cabinet d’ostéopathie qui s’en mêle, conviant divers experts, parmi eux le « désastrologue » préféré des médias.

AFBO-auditoriumAu programme : maladie professionnelle, statistiques et bien entendu, ostéopathie, je cite, comme « réponse thérapeutique concrète pour prévenir, traiter et soulager le patient ». Rien que ça !

Force est de constater que notre maladie fait l’objet d’une récupération sans égale.

Chacun a bien entendu sa légitimité mais quelle est la place donnée aux personnes touchées dans cette manifestation ? Comment faire confiance à des intérêts privés ? Et quel est le message qui sera retenu de ce colloque ?

Notre site vous informe déjà sur les (fausses) statistiques du « burnout » et sur les (vraies) possibilités de recours, aujourd’hui, je voudrais revenir cette histoire d’ostéopathie. J’ajoute que la très sérieuse Union Fédérale des Ostéopathes de France (UFOF), à l’origine d’un décret visant à réglementer la profession, n’est pas, à ma connaissance liée à ce projet.

AFBO-Med NatBénéficiant moi-même, et depuis un grand nombre d’années, des bienfaits de la médecine naturelle que je qualifie de préventive (homéopathie, ostéopathie et surtout acupuncture), j’ai pourtant vécu l’effondrement professionnel.

A l’époque, de séance en séance, mon médecin acupuncture ne pouvait que constater les méfaits du stress et tentait de les soulager, sans pouvoir les supprimer. Il fallait une méthode plus radicale : un éloignement définitif de la zone « toxique » et la garantie de pouvoir m’en sortir d’une manière ou d’autre, la perspective d’une autre vie professionnelle en somme.

Pour en revenir à ces manifestations qui pullulent, je continue de m’interroger sur leur utilité pour faire reculer le syndrome d’épuisement professionnel. Les intentions se veulent toujours bienveillantes, elles sont surtout mercantiles et à mes yeux, autant le dire, nauséabondes.

On est loin de la réalité des malades, pour qui le quotidien est un parcours du combattant.

AFBO-Community 2Mais tant que la maladie ne sera pas officielle, l’errance diagnostique autorisera ce genre de discours. C’est pourtant ce « vide statistique» (1) qui m’a inspiré la formation d’une communauté de patients-experts. J’espère qu’un jour, ensemble, nous pourrons faire reculer la maladie en luttant contre l’ignorance et l’arrogance.

A ce titre, sachez que notre association a aussi pour vocation d’informer voire d’éduquer, afin que votre avis soit éclairé et tant pis s’il est différent du nôtre. Justement, si vous voulez réagir ou compléter nos informations, vous pouvez nous contacter ici.

 

Merci !

 

Auteur : Léa Riposa

Publié le 3 février 2015.
Lien mis à jour le 6 février 2015.
Mis à jour (page Contact) le 29 octobre 2018.

 

 

 

(1) : Le syndrome d’épuisement professionnel est absent de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, 10ème révision, connue sous le nom « CIM-10? ou en anglais « ICD-10?, publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).