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Reconnaître la maladie professionnelle

AFBO-auditoriumDans les prochaines semaines, nous aurons droit à de nouveaux débats sur la reconnaissance du «burnout » comme maladie professionnelle, toujours menés par les mêmes acteurs de la prévention des risques psychosociaux.

Si vous comptez parmi mes fidèles lecteurs, vous savez à quel point tout cela m’agace n’est-ce-pas ? Mais pas pour les raisons que vous croyez, d’ailleurs j’ai consacré une page entière à la prévention sur notre site.

Il y a juste un petit problème de fond que je voudrais partager avec vous.

Les débats successifs sur la reconnaissance de la maladie professionnelle pourraient laisser croire qu’une maladie non inscrite aux fameux tableaux n’a aucun chance d’être « reconnue » et que les victimes n’on aucun recours. Et qu’à l’inverse, une fois inscrite aux tableaux des maladies professionnelles, tout deviendra simple pour les plaignants, on rêve !

L’écran de fumée de « l’appel-au-burnout »


Ce billet est dédié à deux de nos protégés
, S.L., qui s’estime heureux d’être en vie, qui survit avec un revenu minimum…la peur d’affronter la procédure en l’absence de diagnostic malgré les symptômes que nous sommes nombreux à connaître et A.B. qui a obtenu réparation mais qui souffre de douleurs chroniques suite à plusieurs erreurs de diagnostic.

Le combat que nous livrons à l’AFBO se heurte à une entrave de taille : l’errance diagnostique, qui autorise les récupérations les plus édifiantes, toujours au détriment des malades.

infirmierePour mémoire, le syndrome d’épuisement professionnel n’étant pas officiel, tout le monde peut avoir son petit avis sur la question, sans risque de sanction. Les conseillers en tous genres essaient de s’imposer sur internet et ailleurs, en particulier sur notre ancienne page Appel à Contributions, que j’ai du supprimer.

La liberté d’expression et la démocratie sanitaire ont une limite : la protection des personnes.

Burnout et engagement au travail

LA PETITE PHRASE
« Si le surengagement au travail ne relève pas nécessairement d’une dynamique additive, il s’agit peut-être tout simplement d’un niveau « quantitativement » trop élevé d’engagement. Toutefois, les rares études ayant examiné les corrélats de différents niveaux d’engagement au travail n’ont réussi qu’à souligner son caractère positif, l’engagement démontrant une relation linéaire avec la santé mentale, l’assiduité, la performance au travail et l’intention de continuer à occuper le même emploi.»

Cet extrait est issu de la thèse de doctorat présentée par MATHIEU JODOIN en 2000 (1) et acceptée en 2001. Si vous êtes déjà un lecteur assidu de mes billets, vous voyez déjà où je veux en venir, eh bien vous avez tort. Je ne veux pas me livrer à un débat sémantique ni dénoncer encore tel ou tel cabinet privé.

J’essaie juste de démontrer que la question de l’investissement au travail est plus complexe que ce que l’on veut bien nous faire croire. Ce que je remets en cause, c’est l’approche unidirectionnelle du sur-engagement comme cause du « burnout » qui circule sur le net et dans la presse et l’absence de « fact checking ».

Burnout, réflexion sur les causes–Pyramide de Maslow

Pas de petite phrase aujourd’hui, juste une réflexion que j’aimerais partager avec vous.

Il y a plusieurs semaines, un journaliste m’interrogeait sur les causes de « mon burnout » : quelle était votre activité à l’époque ? à votre avis, comment et pourquoi est-ce arrivé ?

HYPOTHÈSES
N’étant pas rompue à l’exercice de l’interview dans un contexte « personnel », j’ai néanmoins répondu spontanément que pour ma part, j’attribuais les causes de ce mal à une conjugaison de facteurs bien identifiés :

  1. la non satisfaction de la plupart de mes « besoins »,
  2. l’ampleur du renoncement que ce contrat de travail avait constitué pour moi,
  3. des conditions de travail particulièrement anxiogènes.

Burnout, sur-engagement, ergomanie ou engagement ?

Alors que le site de l’AFBO est un outil « institutionnel » d’informations, ce blog me permet de m’adresser à vous avec un peu plus de liberté. Un moyen de dénoncer, au nom des malades, les dérives suscitées par ce syndrome très médiatisé.

A quelques heures d’un nouveau colloque sur la reconnaissance du « burnout » comme maladie professionnelle (à Nice, le 15/01/15), j’ai très envie de mettre les choses au point en ce qui concerne le sur-engagement.