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Hate speech !

AFBO-experience-Drôle de télescopage cette semaine. D’un côté, l’une de nos protégés me rappelle la violence des propos tenus à son égard sur son lieu de travail, de l’autre, une rencontre inattendue avec une autre victime de violence au travail.

Le matin même, j’écoute en replay une énième émission de radio consacrée au « burnout », à ses causes possibles, au monde du travail… Le conflit d’éthique, pourtant très courant chez les personnes touchées est à peine évoqué.

Le contraste entre la réalité et le discours des médias est une fois encore saisissant. C’est au bord de l’overdose que j’arrive à un rendez-vous pour l’AFBO, ne me doutant pas à un instant que j’allais réveiller, involontairement, un bien mauvais souvenir.

Travailler après un « burnout »

AFBO-ReconversionMalgré le retentissement sur leur vie personnelle, la plupart de nos témoins n’ont qu’une envie : retravailler et retrouver leur vie d’avant. Il me semble que ce désir très puissant distingue cet épuisement très particulier de la dépression, caractérisée principalement par des désordres émotionnels, une tristesse prolongée et la perte de plaisir.

Le souvenir de ce plaisir de travailler et les projets sont bien présents. Mais le corps peut-il suivre ? Et vers quel emploi s’orienter ?

Une prévention très primaire

AFBO-experience-A chaque fois que je pense que l’AFBO a contribué à mieux faire connaître la maladie « burnout », je réalise qu’il n’en est rien et qu’il reste beaucoup à faire. Il y a quelques jours, on me lance « mais comment tu peux savoir que c’est pas une dépression ?».

Je me lasse de ce genre de questions. Pendant que je tente de répondre, un peu agacée, je pense à tout ce ramdam médiatique autour du « burnout » et vos témoignages défilent dans ma tête. Je pense à vous, au combat que vous livrez et j’ai le cœur serré. Ces enchaînements de publications et de reportages n’auront donc servi à rien ?

Impact positif de l’engagement au travail

Dans le prolongement de mon exposé maladroit sur la psycho-motivation et toujours convaincue que le bien-être des salariés contribue à l’efficacité économique, je voudrais vous faire découvrir ou vous rappeler les résultats d’une étude publiée en 2013 (1) portant sur l’impact positif de la motivation des salariés sur la performance de l’entreprise.

L’étude a été réalisée en 2012 aux Etats-Unis par l’institut de sondage Gallup (2), qui dans une précédente enquête, avait déjà estimé le coût du désengagement pour l’industrie américaine à 300 milliards de dollars.

Burnout et engagement au travail

LA PETITE PHRASE
« Si le surengagement au travail ne relève pas nécessairement d’une dynamique additive, il s’agit peut-être tout simplement d’un niveau « quantitativement » trop élevé d’engagement. Toutefois, les rares études ayant examiné les corrélats de différents niveaux d’engagement au travail n’ont réussi qu’à souligner son caractère positif, l’engagement démontrant une relation linéaire avec la santé mentale, l’assiduité, la performance au travail et l’intention de continuer à occuper le même emploi.»

Cet extrait est issu de la thèse de doctorat présentée par MATHIEU JODOIN en 2000 (1) et acceptée en 2001. Si vous êtes déjà un lecteur assidu de mes billets, vous voyez déjà où je veux en venir, eh bien vous avez tort. Je ne veux pas me livrer à un débat sémantique ni dénoncer encore tel ou tel cabinet privé.

J’essaie juste de démontrer que la question de l’investissement au travail est plus complexe que ce que l’on veut bien nous faire croire. Ce que je remets en cause, c’est l’approche unidirectionnelle du sur-engagement comme cause du « burnout » qui circule sur le net et dans la presse et l’absence de « fact checking ».