Concept poubelle !

Concept poubelle… C’est ainsi que le « burnout » a été défini par l’un des invités d’une émission de radio le 1er mai au matin. Surtout faites comme si nous n’existions pas !

Le procès France Telecom va assurer une belle visibilité médiatique aux experts auto-proclamés du « burnout » et du stress. Une occasion en or pour faire la promotion des bouquins, conférences et autres consultations.

Ne vous demandez donc plus à qui profite une telle banalisation du burnout.

Vous confirmez Carole ?
Je me méfie toujours de ces intellectuels et experts bardés de diplômes, qui avancent avec tant de certitudes et de solutions, sans aucune précaution oratoire. Après tout, quand on est en arrêt de travail et en procédure, on ne va pas réclamer.

Lors de cette émission, il n’était question que de sur-engagement, de pression du chiffre, d’acharnement frénétique, de syndrome d’imposteur et de sous-humains…

Le « burnout » suscite un émoi général, plus les contours sont flous et plus le travailleur en souffrance s’y reconnait. Les appels à témoignage remportent un franc succès puisque ces personnes ressentent un fort besoin de verbaliser. « Vous confirmez Carole, ce qui vient d’être dit ? » La boucle est bouclée.

Le plus fort, c’est que sur le plateau, un invité était venu dénoncer le business de la souffrance au travail en faisant donc la promotion de … son livre.


Burnout à but lucratif

Non, le « burnout » n’est pas un concept mais un mécanisme physiologique qui laisse des séquelles incapacitantes, un mal qui pourrait être évité si on voulait se donner la peine de changer de grille de lecture et d’experts.

Je ne dirai rien de plus sur le bilan de nos connaissances puisque chaque publication est copiée, récupérée parfois déformée. Des idées reçues à la prévention médicale ou à l’évocation d’études scientifiques

Sachez seulement que le « burnout » n’est pas une dépression et que la prévention médicale serait possible. Seulement voilà, le « burnout » et les formes de souffrances au travail sont un business, personne n’a donc intérêt à ce le dépistage médical précoce voit le jour.

Pour dire les choses plus clairement, un cabinet d’expertise dont le chiffre d’affaires et la communication sont en grande partie basés sur le « burnout » et la détection du stress ne va pas laisser filer cette manne !

La pathologie burnout n’étant pas présente dans les nomenclatures officielles des maladies, n’importe quel accompagnant peut organiser une réunion de prévention et de sensibilisation devant un public d’entrepreneurs, sans aucune formation spécifique ni expérience de terrain…


Ils ont fait de vous une tombe…

Les méthodes actuelles de détection du « burnout » sont issues des fondamentaux enseignés (modèle de Karasez, par exemple, basé sur les situations pathogènes). Mais comment sont utilisés les questionnaires ? Comment sont interprétés les résultats ? J’ai pu lire certains témoignages de salariés, ainsi que quelques études transmises sous la confidentialité, alors je m’interroge sur l’éthique et la droiture morale de certains spécialistes.

En 2013, je les rencontre un à un, pour tenter d’en faire des alliés de ce qui allait devenir l’AFBO. Entre un médecin psychiatre qui mène des recherches médicales « dans son coin », un autre qui assène « la reconnaissance de la maladie professionnelle, j’y crois pas, avec quels arguments ? ».

« Ils ont fait de vous une tombe »  me dit cette avocate, proche d’une consultation très connue, à qui j’explique qu’un protocole protecteur m’a permis d’accéder aux soins, de prendre le temps de guérir, de me former, de retrouver un emploi etc (c’était il y a très longtemps, on ne parlait pas de « burnout » à l’époque). Mais elle ne m’entend pas et entreprend de me décourager « vous n’arriverez jamais à ménager la chèvre et le chou dans votre association, nous, on leur dit de tourner la page, que ça ne sert à rien de prendre un avocat, il faut oublier « .

Comme vous pouvez le constater, je suis libre de mes mouvements, d‘agir, de militer, je dois juste respecter les termes de cet accord.

 

Pour nous contacter, écrivez à nos bénévoles , ils sont là pour répondre à vos questions, vous orienter, vous accueillir.

 

Auteur : Léa Riposa
Publié le 5 mai 2019.