Hate speech !

AFBO-experience-Drôle de télescopage cette semaine. D’un côté, l’une de nos protégés me rappelle la violence des propos tenus à son égard sur son lieu de travail, de l’autre, une rencontre inattendue avec une autre victime de violence au travail.

Le matin même, j’écoute en replay une énième émission de radio consacrée au « burnout », à ses causes possibles, au monde du travail… Le conflit d’éthique, pourtant très courant chez les personnes touchées est à peine évoqué.

Le contraste entre la réalité et le discours des médias est une fois encore saisissant. C’est au bord de l’overdose que j’arrive à un rendez-vous pour l’AFBO, ne me doutant pas à un instant que j’allais réveiller, involontairement, un bien mauvais souvenir.

De la salle d’attente, je peux apercevoir une personnalité dynamique, efficace, un « boss » sympa qui prend les choses en mains.

Après les présentations d’usage, mon contact salue notre engagement et me confie avoir vécu une souffrance « très proche du burnout, une douleur jamais digérée ». J’avoue être encore très émue par ces confidences.

Si j’ai envie de vous en parler, c’est à cause de la trace traumatique réduite à ce mot terrible : démolition. Ce n’est pas rien, une démolition !

J’ai été frappée par l’assaut du souvenir, alors que les évènements ont été vécus il y a des années. Que s’est il passé ensuite ? Un bras de fer gagné contre son employeur, du repos, un retour aux activités « humaines » et une reconversion réussie. Dans ce cas précis, il s’agissait d’une organisation aux méthodes douteuses.

Comme dans une ultime tentative de générer un espoir, je lui fais donc part du contexte dans lequel survient la maladie chez nos protégés : dans la majorité des cas, ce n’est pas tant l’organisation qui est en cause mais une personnalité toxique qui pratique ce que les américains appellent le « hate speech ».

AFBO-EffondrementAu sein de structures à taille humaine, des entreprises dites « familiales », il est facile de baisser la garde, de donner le meilleur de soi en toute confiance. Et pour une personnalité « difficile », il est tout aussi facile de faire régner la terreur, surtout quand elle est dirigée vers des personnes jugées fragiles au regard de leur situation (parent isolé, entreprise située dans une région à fort taux de chômage…).

Mon témoin n’a pas vécu autre chose : de la violence des mots qui distillent du poison, à la perte de son emploi après tant d’années d’efforts.

Les « spécialistes » peuvent continuer à discourir, quelle que soit le modèle d’organisation du travail, il est toujours sous-tendu à la réalité économique et au profit. Dans cet esprit, un dirigeant a le droit de nommer qui il veut. Mais sachez le, un patron n’a pas le droit de vous brutaliser, de vous intimider, de vous humilier, de vous harceler, ni de vous placardiser.

C’est quoi le « hate speech » ? ce sont des mots qui n’ont qu’un but : vous faire du mal. Ce genre d’attitude, qui n’a pas sa place dans l’entreprise, nous invite à nous interroger sur les managers, leur formation, leur apprentissage.

J’ai souvent observé qu’un manager était d’abord nommé pour son expertise, son savoir-faire technique. Qu’en est-il du vivre ensemble, du respect mutuel, des projets collectifs, de tous ces ingrédients qui font de l’entreprise un lieu de création et de développement ?

AFBO-RaceNous n’avons pas encore de solution mais nous sommes attentifs à d’autres formes d’organisations qui reconnaissent que l’efficacité dépend de l’implication des salariés, des travailleurs engagés, qui ressemblent beaucoup à nos protégés.

Dimanche prochain, je ne pourrai pas assurer notre billet mais d’ici là, je vous invite à réagir (contact), à partager cet article et cette vidéo sur les travailleurs engagés.

Merci pour votre attention et votre fidélité !

Auteur : Léa Riposa
Publié le 17 mai 2015.
Mis à jour (page Contact) le 29 octobre 2018.