Le leurre et l’argent du leurre

AFBO-auditoriumPour des raisons purement techniques (1), je rédige ce billet avec quelques jours d’avance. Nous sommes le 11 mars et ce soir auront lieu les Etats généraux du « burnout » dont l’intention est faire reconnaître le « burnout » comme maladie professionnelle.

Je n’y assisterai pas car c’est déjà fait. Je ne peux que constater l’inefficacité de la manoeuvre (appel burnout) et déplorer son caractère opportuniste.

Si je reviens sur cet écran de fumée, c’est surtout parce qu’il a généré de faux espoirs et des certitudes comme le montrent les curieux messages reçus cette semaine : pourquoi ne parlez-vous pas de la loi sur la reconnaissance sur votre site ? et du cabinet d’avocat qui organise la réunion et défend les malades ?

Alors, mettons les choses au point : ce sont d’abord les malades qui se battent ! Et leurs avocats qui les défendent, notamment ceux de l’AFBO !

Ce cabinet ‘spécialisé’ prend en otages les malades pour orienter les propositions de loi dans le sens qui arrange ses affaires : une prévention accrue de la prévention des risques psychosociaux.

Bien entendu, nous ne sommes pas contre mais chacun doit rester à sa place. La prévention des RPS n’est pas une pratique médicale, des questionnaires en ligne ne constituent pas une étude clinique.

AFBO-TEAM WORKINGPar ailleurs, est-il prouvé qu’un contrôle accru est un gage de mieux-être au travail ? Et si on commençait par appliquer la loi et par changer les mentalités pour un mieux travailler et créer ensemble ?

Je l’ai déjà largement commenté et le répète : il est déjà possible de faire reconnaître le caractère professionnel de l’épuisement /du « burnout » même si c’est difficile.

Par ailleurs, cette « loi » n’est qu’une proposition (sur la page Reconnaissance de la maladie professionnelle) ! Depuis juillet 2014, ce texte a donné lieu à des questions/réponses peu convaincantes, focus en images :

Sénat-Q Orale-04 12 14

Sénat-QO-Réponse-04 02 15

Sénat-QO-Réponse Focus maladie

Sénat-QO-Réponse Prév RPS

Ce qui me frappe :
1. Le rappel du caractère non officiel de la maladie,
2. La confusion entre l’épuisement et le « burnout »,
3. Les chiffres avancés sont basés sur une étude (toujours la même), indiquant que 3 millions de travailleurs seraient touchés (mais comment mesurer une maladie qui n’existe pas ?),
4. La place accordée à la prévention des risques psychosociaux,
5. Pas un mot sur les personnes touchées, sur la médecine !

Nous continuons de défendre discrètement mais fermement les droits et les intérêts des personnes touchées. Même si je préfère agir plutôt que dénoncer, cette mise au point me semble nécessaire.

Si vous ne nous connaissez pas encore, n’hésitez pas à découvrir ici nos propositions, et à nous soutenir, pour faire reculer la maladie et agir vraiment aux côtés des malades.

 

Auteur : Léa Riposa
Rédigé le 11 mars 2015 au matin.
Publié le 15 mars 2015.
(1) des travaux de maintenance à notre siège nous imposent une coupure d’accès à internet cette semaine.