Les chiffres du burnout

AFBO-statisticsL’actualité du « burnout » est décidément très dense. Cette semaine, je découvre le dernier numéro d’un magazine de psychologie bien connu qui nous interrogent : êtes-vous au bord du « burnout » ?

Le traitement de la maladie y est inégal, entre avis d’experts (description fidèle de certaines organisations du travail) et témoignages étonnants (une dépression post-partum n’est pas un « burnout », maladie professionnelle) mais chacun se fera son opinion.

Comme dans la majorité des publications, on ne traite la maladie que sous l’angle « psy », comme si ce principe était acquis. En creux, je détecte un soupçon intolérable sur les salariés, pour mieux les encourager à ne pas se défendre (?) (« vous ne savez pas bien vous protéger », « je devais absolument tenir », « je me suis impliquée corps et âme », « maintenant il faut tourner la page »).

Et pour compléter ce dangereux brouillage, on nous sert les chiffres, je cite « édifiant » du burnout (1), effectivement surprenant car sans aucune réalité scientifique mais dont la presse se fait constamment l’écho.

AFBO-visibilté BOEh bien je dis non ! Au travers de nos actions concrètes (2), notre vocation est aussi de mettre à jour la maladie pour mieux mettre fin à l’invisibilité des personnes touchées.

L’épuisement professionnel et le « burnout » sont des maladies bien réelles, d’origine strictement professionnelle. Ces pathologies font toujours suite à ce qui peut être qualifié de délit au regard de la loi.

Alors pourquoi les avocats sont-ils les éternels absents de ces débats ? Pourquoi ne jamais parler de la responsabilité civile et pénale du chef d’entreprise et du personnel encadrant ?

En attendant d’entendre nos avocats sur ce site, je vous invite à découvrir les chiffres du « burnout » selon l’AFBO :

16,25 : comme 16,25 euros, montant de l’Allocation de solidarité spécifique avec laquelle vit l’une de nos protégés, cadre supérieure, n’ayant pas encore retrouvé de travail,

448 : comme 448 euros par mois, montant du Revenu de solidarité active que touche depuis quelques mois un autre cadre, en recherche active d’un nouveau travail, malgré la fatigue résiduelle,

30 : comme 30% du salaire annuel moyen (sur les 10 meilleures années), le montant de l’invalidité de catégorie 1 vers laquelle on « oriente » les personnes touchées,

50 : comme 50% de couverture sociale au lieu de 100%, soit une baisse des revenus dès 6 mois d’arrêt de travail (selon les conventions collectives et le statut),

47 768 : le nombre de pathologies possible avec le travail d’après l’étude menée entre 2001 et 2009 par le réseau RNV3P, réseau national de vigilance,
22 : comme 22%, parmi ces 47 768 pathologies, qui seraient des « troubles mentaux et du comportement »,

2 : seulement 2 cas de maladies psychiques reconnues comme d’origine professionnelle en Belgique en 15 ans, alors que les pathologies psychiques sont susceptibles d’être reconnues comme maladies professionnelles (hormis l’état de stress post-traumatique) (3),

6 000 : comme les 6 000 signatures d’internautes suite à « l’appel au burnout » visant à faire reconnaître le « burnout » comme maladie professionnelle,
1 : comme un don de 1 euro que ces 6 000 personnes pourraient verser à l’AFBO pour que notre jeune association puisse mettre en place les actions de reconnaissance de la maladie et continuer à aider les victimes dans leurs démarches et leur défense.

AFBO-Race
Vous voulez faire reculer la maladie, aider les personnes touchées et contribuer à faire changer les mentalités et les organisations de travail, n’hésitez pas à nous rejoindre ! Merci à tous !

Auteur : Léa Riposa
Publié le 3 mai 2015.

 

(1) : étude menée par un cabinet très médiatisé, spécialisé dans la prévention des risques psycho-sociaux ; ces chiffres sont une extrapolation basée sur un échantillon de 1 000 personnes.
(2) : nous conseillons en ligne (contact@afbo.fr ) et accompagnons nos protégés dans leur défense ; nous intervenons auprès de divers ministères pour la reconnaissance de la maladie et la recherche médicale.
(3) : source Eurogip – Maladies psychiques liées au travail – Février 2013, Réf. 81/F (étude sur 10 pays européens).