#PasEnNotreNom

AFBO-truthCe billet aurait pu s’intituler « L’AFBO et les médias »…

Pas une semaine sans que notre maladie « burnout » ne fasse la une d’un magazine ou d’une émission.

Cette semaine, c’est sur les ondes qu’un petit groupe d’experts est venu éclairer le grand public sur « la société du burnout », occasion de vendre discrètement leurs services.

Empreints de pessimisme, pas toujours très « carrés », parfois stigmatisants, certains propos tenus m’ordonnent de réagir. Une fois encore, on débat avec un certain détachement, comme si la communauté des patients n’existait pas. Insupportable !

J’ai beau la réécouter, je ne comprends toujours pas quel message on veut faire passer. L’illusion d’une information (Je ne diffuse pas le lien car je ne souhaite pas ajouter de la peine à la peine, je sais par vos témoignages combien certaines thèses peuvent vous blesser).

Tout ne fut pas aussi consternant, mais tout porte à croire que cette émission n’avait pour but que de servir des intérêts privés. On eut droit à un florilège, dont voici quelques « perles ».

L’un de ces experts est donc convaincu que le « burnout » est pour certains d’entre nous, une façon plus avantageuse de présenter sa dépression. Plus loin, il est question de se servir de la maladie « burnout » pour mieux reporter la faute sur un tiers.

Une experte très médiatisée affirme que dans « ses » consultations spécialisées, 80% des patients diagnostiqués à temps, retrouvent un travail encore plus qualifié qu’avant leur maladie. La même qui est absolument contre la reconnaissance de la maladie professionnelle puisque cette maladie est, je la cite,  » absente de la nomenclature des maladies psychiatriques ».

Cette dernière remarque donnera lieu (sans rire) à un bref échange sur le business du « burnout », sur la problématique du diagnostic et de la sur-médiatisation, tout en concluant sur la nécessité de « donner de l’oxygène » à l’entreprise.

AFBO-ColèreSi vous comptez parmi nos fidèles internautes, vous comprendrez que je ne peux réprimer ni mon indignation, ni ma colère. Petite mise au point :

. L’AFBO a été la première organisation à déplorer le caractère non officiel de la maladie, pourtant bien réelle et très physique, appelée « burnout » (1),

. L’évolution vers une dépression survient si le « burnout » est mal soigné (presque tous nos protégés sont sous antidépresseurs et anxiolytiques alors que la maladie est au départ très physique),

. Une fatigue jamais apaisée par le sommeil est l’un des symptômes caractéristiques du « burnout » mais n’oublions pas l’épuisement cognitif, intellectuel,

. Il est impossible de laisser planer un quelconque doute sur les malades : que l’on soit en présence d’un épuisement professionnel ou d’un « burnout », l’origine est bien professionnelle, le lien entre la maladie et le travail est manifeste, d’ailleurs les personnes touchées étaient auparavant en bonne santé,

AFBO-hammerUne personne qui souffre pour des raisons personnelles engagerait-elle un bras de fer juridique de 2 ans et plus avec son employeur ?

. Il est nécessaire de distinguer « l’entreprise » (toutes ne sont pas malveillantes) et les managers toxiques commettant des délits punis par la loi (comme le harcèlement), ce point n’est pas négociable, pas discutable.

Quant au retour à l’emploi, nous avons un tout autre son de cloche à l’AFBO, je m’en expliquerai dans un prochain article.

Sachez que l’AFBO se positionne loin de l’éternelle logique de l’affrontement. Nous nous apprêtons d’ailleurs à créer une catégorie « invités » pour accueillir également des chefs d’entreprise. L’un des plus atypiques nous parlera bientôt de nouvelles formes d’organisations dans lesquelles performances économique et sociale sont liées.

AFBO-Twitter
Pour l’heure et comme tous les dimanches soirs, je vous remercie pour votre attention et vous invite à diffuser, à commenter et à témoigner (contact), à nous soutenir ou à nous suivre sur Twitter (@AssoBurnOut).

Merci à tous.

Auteur : Léa Riposa
Publié le 26 avril 2015.
Mis à jour (page Contact) le 29 octobre 2018.

(1) : Absente de la classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, 10ème révision, connue sous le nom CIM-10 ou en anglais ICD-10, publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).