Se battre pour faire reconnaitre ses droits

Nous continuons de recevoir des propositions de partenariats, des demandes d’échanges de liens et combien de livres, tous écrits par des experts auto-proclamés qui ne daignent même pas nous laisser un mot pour ouvrir un dialogue ou nous expliquer leur démarche.

Ils oublient qu’ils s’adressent à une communauté de patients…

L’AFBO est une communauté de patients et une association Loi 1901 à but non lucratif, reconnue d’intérêt général, uniquement administrée par des bénévoles. Nous ne sommes pas un tremplin pour des organisations lucratives.

L’une de nos nombreuses missions est de donner à voir le combat des personnes touchées par cette pathologie invisible.

Donnons la parole à l’une de nos adhérentes, fonctionnaire territoriale. Comme toujours, je vous remercie pour le regard attentif et bienveillant que vous porterez à ce récit.

 

Un court témoignage pour encourager les victimes de burnout à se battre pour faire reconnaitre leurs droits.

Il y presque 5 ans (avril 2014), j’ai été victime de burnout concomitamment à une maladie cardio-vasculaire. L’employeur, Président d’un CCAS, centre communal d’action social, (nouveau maire élu) a refusé de reconnaitre mes pathologies comme imputables au service.

La souffrance physique, psychologique et morale a été accentuée par une situation délétère de l’environnement de travail (lettres anonymes, harcèlement, dénigrements, diffamation sur Internet…) et de l’employeur, souffrances qui ont perduré après mon arrêt de travail. C’est dire, dans ce contexte, combien la convalescence fut difficile. Mais par l’action, avec l’assistance d’un avocat (spécialisé dans la Fonction Publique Territoriale) j’ai pu, malgré la douleur, me relever et me reconstruire.

Le Tribunal Administratif de X a reconnu en juin 2018 « l’imputabilité de la maladie psychologique au service ». Le Tribunal a, de plus, débouté l’employeur de ses allégations à mon encontre : « Contrairement à ce qu’allègue L’EHPAD , la requérante ne présente pas de fragilité préexistante., le Dr X relevant dans son rapport : »…le reste de l’examen ne fait apparaître aucun trouble grave de la personnalité … »De même si l’EHPAD… allègue que la maladie de la requérante résulterait de ses défaillances professionnelles, il ressort des pièces du dossier, que Mme X présentait de bonnes qualités professionnelles … ».

Les fonctionnaires territoriaux, ne sont pas en reste d’une souffrance au travail extrême et il est souvent très difficile de faire reconnaitre par le Tribunal administratif, tant le poids des élus est important, la réalité des situations de travail.

C’est maintenant l’heure de ressaisir le TA pour obtenir réparation, dommages et intérêts.

Depuis 2017, je mène une action auprès du Défenseur des droits à Paris pour « discrimination indirecte liée à l’état de santé « , l’employeur refusant une position statutaire à laquelle (même en maladie) je pouvais prétendre.

Ce combat, (car c’en un !) pour obtenir justice et vérité, a largement contribué, face à la violence de la situation professionnelle, à me faire remonter la pente vers laquelle je sombrais inexorablement. Cela m’a permis de rester active « mentalement » et de retrouver les capacités intellectuelles, cognitives et émotionnelles.

La demande en janvier 2017 de reprise des fonctions de directrice n’a pas encore aboutie. Malgré les avis favorables des médecins expert, du comité médical départemental, l’employeur utilisant tous les process pour refuser ma reprise, a saisi le Comité Médical Supérieur. Je suis donc en attente de son avis souverain.

L’aide familiale (et dire si elle souffre elle aussi beaucoup), celle des professionnels de santé, du service des professionnelles du CHU et, dans mon cas, la rencontre avec un médecin exceptionnel anesthésiste réanimateur et surtout thérapeute par l’hypnose ; une vrai révélation …ont vraiment été de grandes ressources.

Merci à l’association AFBO, un vrai recours, tant on se sent si seul et encore peu compris de ce « burnout » qui peut être un vrai « tsunami ». Burnout, dont peu de praticiens osent le nommer et l’écrire en tant que tel, préférant encore, comme le TA, des termes de médecine plus convenus.

Merci à vous, AFBO et bénévoles, pour la rapidité de vos réponses, votre implication à cette cause qui devrait s’inscrire dans des enjeux de santé Publique.

Mme X.
Publié le 3 février 2019.