L’écran de fumée de « l’appel-au-burnout »


Ce billet est dédié à deux de nos protégés
, S.L., qui s’estime heureux d’être en vie, qui survit avec un revenu minimum…la peur d’affronter la procédure en l’absence de diagnostic malgré les symptômes que nous sommes nombreux à connaître et A.B. qui a obtenu réparation mais qui souffre de douleurs chroniques suite à plusieurs erreurs de diagnostic.

Le combat que nous livrons à l’AFBO se heurte à une entrave de taille : l’errance diagnostique, qui autorise les récupérations les plus édifiantes, toujours au détriment des malades.

infirmierePour mémoire, le syndrome d’épuisement professionnel n’étant pas officiel, tout le monde peut avoir son petit avis sur la question, sans risque de sanction. Les conseillers en tous genres essaient de s’imposer sur internet et ailleurs, en particulier sur notre ancienne page Appel à Contributions, que j’ai du supprimer.

La liberté d’expression et la démocratie sanitaire ont une limite : la protection des personnes.

Les « spécialistes » à l’origine de « l’appel-au-burnout » ne soutiennent pas les malades, ne les accompagnent pas lors de procédures prud’homales mais prennent soin de défendre les intérêts de leur « corporation » dans l’indifférence générale.

Que reste-t-il aujourd’hui de cette initiative ? Par un tour de passe-passe, non seulement la défense des droits des malades a abouti à une proposition de renforcement de la prévention des risques psychosociaux mais les malades ne sont ni cités ni représentés. Un scandale !


Décryptage en 5 points de la Proposition de résolution n°778
(enregistrée à la Présidence du Sénat le 23/07/2014) qui nous avait été présentée comme « une belle avancée » dans la reconnaissance du « burnout » comme maladie professionnelle.


1. Il s’agit d’une proposition de résolution et non d’une loi,

2. Ce qui avait été annoncé comme un texte sur la reconnaissance du « burnout » comme maladie professionnelle devient «une proposition de résolution visant à mieux protéger la santé des travailleurs et à lutter contre les risques psychosociaux d’origine professionnelle »,

3. Nos sénateurs admettent la nécessité de travailler sur le diagnostic

Sénat-Necéssité Déf BO

4. Le texte comprend 24 points dont 20 résolutions parmi lesquelles 10 sont consacrées à la prévention des risques psychosociaux, dont :

Sénat-RPS1

Sénat-RPS2
Sénat-RPS3
5. Le Sénat continue de nous indiquer que le texte est en « stand by ».

L’intention est louable : identifier les maladies d’origine professionnelles, renforcer la prévention des risques psychosociaux, sensibiliser les entreprises au travers des responsables de ressources humaines.

Ce qui inacceptable, c’est d’entretenir la confusion qui peut naître de l’association permanente entre prévention des risques psychosociaux et la prévention du syndrome d’épuisement professionnel.


La prévention n’est pas un diagnostic, un sondage effectué par un cabinet de prévention n’est pas une étude clinique, la prévention des risques psychosociaux n’est pas la prévention du « burnout ».

AFBO-hammer
Si vous voulez agir à nos côtés pour représenter et défendre les personnes touchées, si vous êtes d’accord avec notre projet, je vous propose de nous soutenir :

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Au nom de la communauté des patients, je vous remercie pour votre attention, pour la diffusion et bien entendu pour votre soutien.

Auteur : Léa Riposa
Publié le 8 février 2015.
Dernière mise à jour le 10 février 2015.