Learning not burning

Dans ce premier billet, je veux avant tout rendre hommage et remercier tous les malades qui m’ont livré leurs témoignages et tous les contributeurs anonymes qui ont nourri ma réflexion en me fournissant de nombreux rapports et études officiels.

Vos témoignages et appels à l’aide, toujours très émouvants, me confortent dans l’idée que nous devons nous unir et nous faire connaître/reconnaître.

Vous me livrez sans réserve votre quotidien douloureux, un parcours du combattant, très éloigné des informations génériques et consensuelles qui s’étalent continuellement dans la presse.

AFBO-burned downLe syndrome d’épuisement professionnel, connu sous le nom de « burnout », est devenu un sujet qui fait vendre, une nappe de pétrole qui attire toutes sortes d’intervenants dont la bienveillance est teintée de mercantilisme.

Comment en est on arrivé là ? La raison en est simple : cette maladie, absente des classifications internationales, n’existe donc pas officiellement.

Cette errance diagnostique n’est pas anodine car elle ne permet ni une prise en charge optimale des malades, ni une évaluation de l’ampleur du phénomène (comment mesurer un phénomène qui ne peut être identifié ?).

Les préventeurs de tous horizons ont pris la place des médecins. La matière est enseignée comme un risque psychosocial. Une aberration.

Quant à la sur-médiatisation, elle ne profite pas aux malades qui, trop souvent, continuent de se rendre à leur travail car leur médecin ne peut pas (n’ose pas ?) clairement établir de diagnostic. Pire, on en fait des patients psychiatriques alors que les symptômes de la maladie sont très physiques.

AFBO-Burnout-MédecinsIl est temps de donner la parole aux malades et d’introduire de la rigueur dans le débat, en impliquant avant tout médecins et chercheurs, car il existe de sérieux espoirs de diagnostic. C’est en ce sens que j’ai adressé une lettre au Ministère de la Santé.

ensembleCette autre conviction m’incite à vous proposer un projet collectif que j’espère puissant. Et si nous, malades et anciens malades, nous invitions dans la révolution des patients-experts ?

Nous formons une communauté de patients capables de réfléchir ensemble à d’autres parcours de santé. Nous avons compétence à devenir des patients-formateurs, des partenaires de la recherche médicale.

Loin de la sur-exposition qui nous banalise, nous pourrions partager notre savoir « expérentiel » et jouer un rôle moteur. Une façon de reconnaître, enfin, la maladie, avancée fondamentale, avant même de reconnaître la maladie professionnelle.

Learning not burning…. Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à me faire part de votre avis en m’écrivant : contact@afbo.fr

Auteur : Léa Riposa.
Publié le 12 janvier 2015.